lundi 12 décembre 2016

IMPORTANCE DE LA RECHERCHE SUR LE DROIT DES AFFAIRES ET LES MANAGEMENTS JURIDIQUES

La recherche a toujours été un catalyseur de développement pour les nations et Haïti n’en fait pas exception. Elle permet de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons et mieux manipuler les lois de la nature pour améliorer notre condition de vie. Elle s’inscrit dans une politique publique susceptible de la concrétiser dans les universités, institutions de recherche par excellence. Cependant, je pense que les entrepreneurs ne devraient pas se contenter de la recherche financée par l’Etat ou d’attendre qu’elle décide de le faire. La recherche dans le secteur des affaires et en particulier le droit des affaires et le management juridique devraient intéresser les hommes d’affaires.

Pourquoi la recherche ? La réalité des affaires est dynamique. Le besoin d’augmenter le profit exige de nouvelle stratégie de marketing, d’innovation et de gestion. Les partenaires changent, leurs stratégies aussi. Les catastrophes naturelles détruisent des entreprises. On a de plus en plus besoin d’assurer son entreprise. Les technologies de télécommunication qui augmentent la vitesse des opérations. Autant de raison de se lancer dans une recherche sur les transformations que doit subir le droit haïtien des affaires. Une commission présidentielle pour la réforme du droit des affaires a déjà été constituée et a déjà remis son rapport au Président de la République en 2015. Ce travail bien que louable n’est pas encore utile parce qu’il faut qu’il devienne une loi publiée dans le journal officiel et donc applicable.

La recherche comment ? Loin de penser que les entreprises devraient investir dans d’immense laboratoire de recherche, je pense qu’elles peuvent néanmoins s’exécuter dans les mémoires de sortie des étudiants en droit, économie, gestion, comptabilité, etc. et ceci dans les universités d’Etat, privées, les écoles de commerce et j’en passe. Ou encore elles peuvent financer les spécialistes du secteur comme : les comptables, les gestionnaires, les juristes, les juristes d’entreprise et autres spécialistes qui souhaitent entreprendre des recherches. Une fois les recherches terminées, il faut maintenant des conférences et des colloques réunissant d’autres spécialistes dans un même domaine ou connexe, des étudiants afin d’œuvrer à leur divulgation pour plus de débats et l’amélioration des hypothèses et théories qui seront élaborées au cours de ces recherches. Le secteur des affaires pourrait de cette manière créer une véritable communauté de penseurs de toutes spécialités confondues. Il faudra une connexion publique puisque certains résultats de recherches peuvent déboucher sur des abrogations de loi pour désuétude ou non-conformité à la réalité économique du pays. Cela nécessitera de convaincre des parlementaires pour s’assurer qu’elles seront transformées en proposition de loi ou encore le Gouvernement pour des projets de loi.

La recherche au profit de qui ? Au profit des investisseurs et entrepreneurs qui ne disposent pas de beaucoup de marge de manœuvre dans un monde des affaires qui changent sans arrêt et des lois qui demeurent statiques. Prenons l’exemple du décret sur la signature électronique, il permet une plus grande rapidité dans les transactions même si toute la structure n’est pas encore en place mais le légal est là. Je ne pense pas cependant que la recherche peut à elle seule changer les choses, il faut beaucoup de relations, de ténacité et de patience mais demeure possible et à la porte de nos entreprises. Elle profitera aussi à la communauté universitaire pour ce qui est de la connaissance pure. Et ne pourra que faire progresser les affaires puis l’économie et enfin démarrer avec un développement durable où tout le monde y trouve son compte.  



Me Philippe Volmar
Avocat conseil